Resident Evil : Des zombies et des hommes

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Resident Evil … A l’évocation de ce titre, je me remémore directement mes années fastes sur Playstation et le début de cette saga sanguinolente. Resident Evil, le commencement du survival horror (même si ce n’est pas tout à fait vrai), la trouille de se promener dans le noir, la peur constante de manquer de rubans de machine à écrire pour pouvoir sauvegarder, une ambiance moribonde … bref, tout ce que je déteste le plus au monde dans les jeux vidéo tellement je suis froussarde dans la réalité. Pourtant, j’en ai passé des heures sur cette saga, à me triturer l’esprit, à aller me coucher après une partie en vérifiant qu’il n’y avait rien sous mon lit.

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Mes quelques jeux Resident Evil

Aujourd’hui, j’ai l’occasion de vous présenter un livre qui vient de sortir chez Third éditions, Resident Evil : des zombies et des hommes.

Third éditions

Third est une maison d’édition qui vient d’être créée par Mehdi El Kanafi et Nicolas Courcier, les auteurs du livre qui nous intéresse aujourd’hui, deux anciens de chez Pix’n Love (suite au rachat par ce dernier de leur première boîte d’édition fondée en 2010 : Console Syndrome). Third éditions est bien entendu dédiée aux jeux vidéo. Le bouquin sur Resident Evil est sa première parution. Il y a d’autres sorties prévues : La légende Final Fantasy X (Mars 2015), Dark Souls : par delà la mort (Avril 2015), Level Up. Niveau 1 (Avril 2015).

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les auteurs

Trois auteurs sont crédités de l’ouvrage : Nicolas Courcier, Mehdi El Kanafi et Bruno Provezza, auxquels on peut rajouter Damien Mecheri, auteur du chapitre sur la musique dans Resident Evil.

Nicolas Courcier et Mehdi El Kanafi, les fondateurs de Third éditions, n’en sont pas à leur coup d’essai. Ils ont déjà écrit ensemble Zelda : Chroniques d’une saga légendaire, Metal Gear Solid : une œuvre culte de Hideo Kojima et La légende Final Fantasy VII et IX.

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Bruno Provezza est un grand fan de cinéma fantastique et de jeux vidéo depuis toujours. Il travaille pour Mad Movies, le magazine référence en matière de cinéma fantastique. Il en connaît donc un rayon sur les zombies au cinéma.

packaging de l’ouvrage

Chaque ouvrage paru chez Third sort en 2 éditions : la première normale (au tarif le plus avantageux et qui pourra être rééditée en cas de forte demande, trouvable sur différents sites internet comme ceux de Pix ou encore Geeks-Line) et la seconde en first-print, sorte d’édition collector avec une couverture exclusive, une jaquette reprenant le visuel de l’édition normale et une lithographie (quelques euros de plus pour cette édition, exclusive au site des éditions Third), de quoi contenter tout le monde.

Pour le bouquin Resident Evil : des zombies et des hommes, l’édition normale est vendue au tarif de 24,90€ et l’édition first-print est à 29,90€.

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Je trouve que la couverture First-print est vraiment réussie. Elle a été réalisée par le graphiste Johann Blais dit Papayou. Celle de l’édition normale (que je possède) l’est un peu moins, à cause du fond marron dont on ne distingue pas la texture originelle : bois, simple pénombre, autre chose ? Par contre, top d’avoir une couverture rigide !

Et sinon, petit truc sympa aussi, c’est le marque page tissé intégré, pour ne pas perdre son fil de lecture. Banal me direz-vous, mais je vous rappelle tout de même que la littérature vidéo-ludique nous a déjà montré pire (cf le Torche-cul tanuki).

contenu

Le livre contient 224 pages et est découpé en 9 chapitres. Il n’y a aucune illustration, ce n’est pas un artbook. Le livre est préfacé par Jaume Balaguero, le réalisateur espagnol du film d’horreur [REC].

On commence avec les débuts de Capcom en quelques lignes et son premier jeu horrifique Sweet Home sur Famicom. On y retrouve déjà quelques éléments qui seront repris bien des années plus tard pour définir le gameplay si particulier de Resident Evil (cinématique pour l’ouverture des portes, inventaire limité, …). Les auteurs nous présentent par la suite deux jeux qui semblent avoir beaucoup influencé la création du jeu Resident Evil, il s’agit d’Alone in the Dark, développé par Infogrames sur PC en 1992 et Doctor Hauzer, développé par Riverhill Soft sur 3DO en 1994. Nous avons ensuite le contexte de l’époque posé, entre l’arrivée du support CD et les débuts frustrés de Shinji Mikami dans l’adaptation de films Disney sur Game Boy  (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?) ou Super Nintendo (Aladdin, dont il souffrira de la comparaison avec la version Megadrive de David Perry).

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Le second chapitre revient sur la genèse des jeux, avec un Capcom désireux de conquérir un espace laissé relativement vide dans les jeux vidéo avec un jeu sans prétention à la base. Resident Evil deviendra pourtant la base du Survival Horror, dont il ouvrira la voie à de nombreux émules. On nous présente le caractère très autoritaire du père de Resident Evil, Shinji Mikami, dont le besoin de reconnaissance est au moins aussi grand que son perfectionnisme extrême. Il en résulte de nombreuses modifications durant le développement, forçant les développeurs sous l’égide de Mikami à reprendre parfois à zéro tout le travail afin de satisfaire ses exigences. Le succès sera au rendez-vous : plus de 5 millions de ventes du premier opus. Mikami sera donc promu producteur de la saga et restera à ce poste jusqu’au quatrième épisode, quittant ensuite Capcom pour voler de ses propres ailes. On revient sur le développement de chaque jeu canonique, c’est une partie assez dense.

Le troisième chapitre reprend l’histoire de Resident Evil depuis l’aube des temps (le peuple Ndipayas et sa fleur toxique « l’escalier du soleil ») jusqu’à aujourd’hui (l’épilogue de Resident Evil 6) de manière chronologique, afin de tisser des liens entre les nombreux personnages et comprendre les tenants et les aboutissants complexes de cette saga Resident Evil. On ne parle dans cette chronologie, bien entendu, que des épisodes dits « canoniques » de la série : Resident Evil, Resident Evil 2, Resident Evil 3 : Nemesis, Resident Evil Code : Veronica, Resident Evil 0, Resident Evil 4, Resident Evil 5, Resident Evil : Revelations et Resident Evil 6.

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Le quatrième chapitre nous propose une analyse approfondie du gameplay de chaque épisode canonique de la saga. Cela permet de constater les fondamentaux et les évolutions au fur et à mesure des différents épisodes.

Le cinquième chapitre fait le point sur les spin-offs de la série (les nombreux rail-shooters, les jeux sur les téléphones…), sur les nombreux films qui, bien que plus pourris les uns que les autres rapportent toujours autant de thune au box office (comme quoi les humains aiment se nourrir de merde, tels des charognards, ou même des zombies avides de chair fraîche !) et les livres estampillés Resident Evil, que ce soient des guides officiels visant à épauler le joueur tout comme les novélisations essayant de combler le vide laissé dans ou entre certains épisodes du jeu vidéo.

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Le sixième chapitre revient sur l’influence des œuvres cinématographiques et littéraires qui ont inspiré les créateurs de la saga Resident Evil. On sent la touche de Bruno Provezza dans cette partie, avec une tonne de références au cinéma, et surtout la trilogie des morts-vivants de George Romero (La Nuit des morts-vivants, 1968; Zombie, 1978; Le jour des morts-vivants, 1985). C’est vraiment une partie très complète sur les zombies et leurs différentes apparitions dans les livres et au cinéma.

Le septième chapitre nous décrypte les mécanismes de la peur au travers des mises en scène, le huis clos dans le premier épisode par exemple, la dimension oppressante du jeu, les jeux d’éclairage, une musique dont le rythme s’adapte aux évènements en cours … bref, on découvre tous les artifices utilisés pour nous faire faire dans notre froc.

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Le huitième chapitre concerne l’héritage de la saga, tous les jeux vidéo de survival horror qui se sont inspirés de Resident Evil. Mais on retrouve aussi des séries tv ou des films qui ont été influencés par le jeu vidéo.

Le neuvième et dernier chapitre est consacré à la musique dans Resident Evil. On pourra voir les évolutions au fil des épisodes.

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Lithographie Resident Evil de l’édition First-Print

Tout au long de l’ouvrage, des anecdotes sont glissées, afin d’en savoir encore plus sur les coulisses de la saga Resident Evil. Des références bibliographiques ou internet sont données au fur et à mesure en bas de page. De même, il y a de nombreux renvois vers les autres chapitres afin de guider la lecture. C’est très important pour s’y retrouver mais je dois le dire, il y a un endroit où j’ai été un peu perdue et où ce renvoi vers un autre chapitre aurait pu mieux m’aiguiller.

Voulez vous en savoir plus ? Voir

conclusion

Même si je ne suis pas fan de survival horror, la lecture du livre Resident Evil : des zombies et des hommes a pu m’éclairer sur de nombreux points de la saga. Le livre est assez bien écrit. Chaque chapitre est découpé en petits paragraphes pour faciliter la lecture. Les auteurs se sont bien documentés sur le sujet, il y a des tonnes de références littéraires ou cinématographiques. Au-delà de l’univers de Resident Evil, ce bouquin est une ode au zombie. Bien sûr, des illustrations auraient été sympa pour agrémenter le livre, mais pour des questions de droits à l’image et aussi de coût, de nombreux ouvrages s’en passent très bien aujourd’hui.

Si vous aimez les zombies, ce livre est donc fait pour vous. Je vous rappelle qu’Ivankaiser nous avait pondu un sympathique dossier sur le sujet des zombies, et pourquoi pas se faire une petite partie de Zombicide, le jeu de plateau qui cartonne en ce moment, un petit maquillage zombie pour se redonner une seconde jeunesse ?

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CHAIR FRAÎCHE !

Le zombie, grâce à Resident Evil, fait aujourd'hui partie intégrante de la culture Geek. Dans cet ouvrage, vous retrouverez une tonne d'informations sur le développement des jeux de la saga, leurs influences, leur histoire, l'évolution du gameplay au fil des épisodes des jeux vidéo, sur les produits dérivés, mais surtout, un dossier complet sur les zombies dans la culture littéraire, cinématographique et vidéo-ludique.

  • Packaging
    6.5
  • Contenu
    9
  • Intérêt général
    9
  • Prix
    8
  • Notes des internautes (1 Votes)
    9
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A propos du gangeekeur

Nana de 31 ans n'ayant plus quitté l'univers des jeux vidéo depuis son 7ème anniversaire, avec la réception d'un pack gameboy avec Tetris et Kirby ! Plutôt attirée par l'univers Nintendo au départ, par la suite a succombé aux charmes de la PS1 avec son lot de RPG. Genres de prédilection : la plateforme et les jeux de rythmes

3 commentaires

  1. j’ai lu il y a peu le hors série IG mag sur la saga Resident evil qui était ma foi fort bien réalisé avec tout un tas d’infos foisonnantes sur chacun des opus et l’univers étendu avec moults illustrations 🙂
    Je me demande si ce bouquin du coup ne serait pas une redite si d’aventure je me le procure :/
    Merci pour le beau debrief en tout cas

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