OrcQuest Thomas Maufroid et Yoann Bugny

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GGS a eu la chance d’interroger deux créateurs de génie, Thomas Maufroid et Yoann Bugny, qui ont eu le courage de se lancer dans la création et l’édition de jeu ! Ils nous présentent aujourd’hui leur projet OrcQuest, un jeu de carte fantastique parodiant le légendaire HeroQuest ! Nous vous invitons à investir dans la campagne Kickstarter OrcQuest The Card Game  pour que le jeu soit au top du top avec moult extensions !

Voici quelques liens si vous voulez en savoir plus sur Maze Games :

Kickstarter OrcQuest The Card Game

La page Facebook Maze Games

Le site Maze Games

Bonjour les gars, content de pouvoir vous poser quelques questions pour nos lecteurs.
Thomas : Bonjour Fawzi !

Yoann : Bonjour

Pouvez-vous vous présenter ?
Thomas : Je m’appelle Thomas Maufroid, 38 ans. Je fais partie de MAZE GAMES, une société de création et d’édition de jeux de société (principalement des jeux de plateau).

Yoann : Moi c’est Yoann Bugny, 45 ans, voire 46 si tu tardes à diffuser cette interview. Créateur et gérant de MAZE GAMES.

Pouvez-vous nous expliquer votre parcours professionnel ?
Thomas : J’ai démarré jeune dans la vente de jeux de figurines. D’abord chez un revendeur indépendant, quand je vivais en Belgique, à Mons. Puis j’ai porté le polo rouge chez Games Workshop, dans l’ancienne boutique du Luxembourg (fermée aujourd’hui). J’ai aussi travaillé dans la vente de jeux vidéo, l’un de mes hobbies. J’aime aussi écrire. J’ai eu la chance de publier un roman satirique (« En Cages ») il y a quelques années. Et depuis début 2016, Yoann, Nicolas et moi avons créé MAZE GAMES.

Yoann : Tout d’abord j’ai bossé dans la logistique et en dehors du boulot, je me suis formé à la 3D. J’en ai fait mon métier pendant une vingtaine d’année. Infographiste 3D généraliste surtout pour la télé, je travaillais principalement sur des génériques d’émissions, des jingles, des habillages de chaines… En Mars 2016, et après en avoir longuement discuté entre nous, MAZE GAMES a été créée.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Thomas : J’ai rencontré Yoann à la Waaagh Taverne début 2014. On s’est tout de suite entendu et on s’est retrouvé chaque semaine pour une partie de jeu de plateau. On s’est découvert une volonté commune de créer des jeux et boum ! OrcQuest a commencé à émerger !

Yoann : J’ai rencontré Thomas lors d’une soirée échang… ah non… Thomas est parti sur l’autre version… ok donc on s’est rencontré à la Waaagh Taverne à Paris autour d’un jeu améritrash.

Comment avez-vous découvert les jeux d’une façon générale, quel type de jeux aimez-vous ? Quels sont vos jeux favoris ?
Thomas : Mon premier jeu de plateau qui m’a fait tomber dans le plaisir du jeu, c’est indéniablement HeroQuest, à sa sortie, il y a plus de 25 ans. Mon frère aîné l’avait acheté et nous y a fait jouer. Il y a eu Risk avant, mais je perdais trop souvent pour aimer y jouer ! J’ai eu un coup de foudre pour HeroQuest et j’avais plus souvent le nez dans la boîte que mon frère. Il a fini par me la céder et mes potes ont fini par devenir les pauvres cobayes de mes diaboliques scénarii. Quelques années plus tard, j’ai découvert les figurines Citadel. J’ai voulu agrandir mon bestiaire pour HeroQuest, et j’ai fini par collectionner une armée du Chaos à Warhammer. Voilà mon début ludique du jeu. J’ai redécouvert depuis 4 ans le plaisir du jeu de plateau, après avoir trop pratiqué le jeu de stratégie. Je suis revenu à mes premiers amours. C’est Zombicide qui m’a fait retomber dedans ; et tous mes zombies sont peints ! J’aime ce genre de jeu ameritrash. C’est fun, c’est intense. Si je devais faire un classement top 3, ce serait Zombicide Black Plague, HeroQuest (toujours là) et B-Sieged.

Yoann : Moi je suis devenu joueur en 1980, à cause de Jeux et Stratégies n°4. Il y a eu un avant et un après J&S, qui s’est traduit par un passage des playmobils aux figurines. Bon j’avais 9 ans… Les jeux en encart ont laissé la place aux jeux de rôles comme AD&D. Et en bon fan de Lovecraft, je n’ai pas résisté à l’Appel… je me suis très vite mis à l’informatique, et je suis passé aux jeux vidéos sous toutes ses formes… Il n’y a que depuis quelques années que je suis revenu aux jeux de société.

Comment c’est d’être des gamers et en même temps des créateurs de jeux ?
Thomas : C’est assez exaltant ! Pour moi, c’est juste kiffant de mettre à l’épreuve ses constructions et de les perfectionner en pratique. Quand Orcquest le Jeu de Cartes a atteint sa jouabilité la plus efficace, y jouer est devenu un pur bonheur de partage ludique.

Yoann : Nous sommes encore tout nouveaux dans le milieu de la création et nous restons des « gamers qui essaient de créer », plus que des « créateurs qui jouent ».

Comment avez-vous réussi à créer Maze Games ?
Thomas : Mon amitié avec Yoann, notre besoin de créer ensemble, nous a fait réaliser qu’il fallait officialiser notre identité créatrice. On a décidé de créer une société d’édition ensemble, ainsi qu’un troisième ami, Nicolas, qui désirait soutenir notre projet. A partir de là, l’aventure est tellement administrativement ennuyeuse qu’il vaut mieux passer à la prochaine question !

Yoann : deux / trois papiers, des paraphes et signatures et hop le tour est joué… Réveil… c’est tellement simple qu’après une erreur venant d’on ne sait où, certaines administrations considèrent notre activité comme étant la « Production de films pour le cinéma »…

Votre nouveau jeu OrcQuest est un succès. Pouvez-vous nous en parler ?
Thomas : On est très heureux du succès du démarrage de notre campagne Kickstarter. Nous devons tenir le rythme à présent ! Quant à OrcQuest, c’est bien un anti-hommage à HeroQuest, mais dans l’esprit, pas la jouabilité ! Ici, marre que les Orcs soient constamment les punching-balls d’un Barbare, d’un Elfe, d’un Nain ou d’un Enchanteur, on inverse les rôles ! Les 4 héros principaux sont donc des versions peaux vertes des archétypes que l’on retrouve dans les dungeon crawlers : le guerrier, l’archer, l’assassin et le sorcier. L’effet parodique de la cover est volontaire. L’illustrateur de l’œuvre original, Les Edwards, est la première personne hors Maze-Games à avoir vu notre cover, et il a adoré !

Yoann : Parler d’un succès, tu y vas un peu fort même si à notre niveau c’est déjà très bien. Le jeu, dont on a pu faire des démos à plusieurs endroits, comme à Essen, tourne bien et provoque de bons moments de fun entre les joueurs. Sentir que les gens ont passé un bon moment avec ton jeu, à la fin d’une partie, c’est ça le plus important. On s’aperçoit aussi que ça fait du bien de jouer les méchants…

Quelles sont vos façons de travailler ? Comment s’est passé le développement d’OrcQuest ? A quelles difficultés vous êtes-vous heurtés pendant le processus ?
Thomas : Yoann et moi nous retrouvions toutes les semaines à la Waaagh Taverne pour développer et tester notre jeu, sans relâche. On a commencé avec des cartes blanches avec des ratures dessus. J’ai un autre travail à côté du développement, du genre de celui qui est nécessaire pour remplir le frigo. Je me suis acharné à développer le jeu en parallèle. Ce qui a été difficile, ça a été sur le développement de la direction artistique, afin de donner une véritable identité visuelle au jeu. Au départ, le style devait être un peu plus cartoonesque. Quand on a eu les illustrations de Loïc Muzy et de Daniel Zrom, on a eu une claque et on s’est ravisé pour le style dark fantasy décalé. Ce qui est difficile surtout, c’est d’être présent sur les réseaux sociaux. Cela va tellement vite qu’il est difficile d’être présent partout. Il faudrait avoir un clone pour s’occuper de ça.

Yoann : Un petit crayon, des cartes vierges et le proto était lancé. Des modifs, des rajouts, et encore des modifs… c’est bien les cartes blanches pour ça. On l’a utilisé pendant longtemps ce proto blanc et d’ailleurs, plus d’un des adeptes de la Waaagh Taverne s’est marré en nous voyant jouer avec nos « cartes blanches »…

Vous avez opté pour le crowdfunding sur la plateforme Kickstarter, pour plus de visibilité. Ce n’était pas risqué pour un premier jeu ? Ça vous a semblé compliqué de mettre tout cela en branle ?
Thomas : C’est un sacré travail d’anticipation ainsi que d’adaptation aux réactions des backers. On doit remettre en question nos choix à chaque instant. Le plus difficile avec Kickstarter, quand on est francophone, c’est d’être au taquet en anglais. Tout ce qu’on fait doit être retranscrit aussitôt en anglais. C’est vrai que c’était risqué, mais sans risque, on n’accomplit rien.

Yoann : La mise en place sur KS est assez simple. C’est vrai que ça demande une bonne préparation de la campagne en amont. Il faudrait dans l’idéal avoir tout avant de lancer. Mais malheureusement pour nous, ce n’était pas possible au niveau des illustrations, du coup les artistes qui nous suivent bossent comme des fous, et je les en remercie, pour ne pas trop faire attendre les backers…

Quels enseignements avez-vous tirés de cette expérience ?
Thomas : Il faut savoir être le plus humble possible et savoir faire des compromis entre ce qu’on veut faire et ce qui est faisable et acceptable. Il est important de ne jamais travailler tout seul. Avec une intention positive et sereine de créer un jeu, les bons partenaires arrivent autour de vous d’eux-mêmes, sans avoir à les chercher.

Yoann : Il faut savoir retenir Thomas qui, quand il a carte blanche, peut partir dans tous les sens.

Pouvez-vous nous parler de vos passions ou de vos passe-temps ?
Thomas : Principalement les jeux de plateau avec figurines, si je peux les peindre. J’aime donner vie à mes moments ludiques. Je joue aussi aux jeux vidéo depuis l’enfance. Je collectionne toujours les livres dont vous êtes le héros. Sinon, les classiques « j’aime lire, le cinéma et courir au ralenti sur la plage ».

Yoann : Les jeux sous toutes ses formes et un peu de Krav Maga pour retrouver ces moments de douceur dans ce monde de brutes.

Quels sont vos futurs projets ?
Thomas : Ce dont je peux parler, c’est qu’un jeu de plateau OrcQuest est prévu. Ce sera bien un dungeon crawler, mais ce ne sera pas un HeroQuest qui se joue avec des Orcs. Le but sera d’être bien badass et mettre la zizanie, que ce soit de manière brutale ou furtive (oui, les Orcs peuvent faire preuve de subtilité). Je suis aussi en train d’écrire des nouvelles sur l’univers d’OrcQuest. Cet univers mérite d’être développé au-delà du jeu. Pour nos autres projets, mystère et boule de gob’ !

Yoann : Du donjon, des figurines, du crawler, du futuriste, des hexagones, du médiéval-fantastique, … tout ça, mais pas dans le même jeu.

Y a-t-il des questions auxquelles vous aimeriez répondre ?
Thomas : Pour moi, tout va bien.

Yoann : Pas de question mais je prendrais bien un petit cour de peinture moi avant de partir !

Nous vous remercions de nous avoir accordé un peu de temps dans cette période de rush ! longue vie à Maze Games.

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A propos du gangeekeur

Collectionneur matérialiste, petit joueur, rageman ascendant crevardman, Lutador. Un pigeon parmi les vautours.

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