Interview: Cyril Drevet, alias Crevette

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Vous rappelez-vous du magazine Player One? Avez-vous regardé Télévisator 2? Et bien, sachez que nous devons tout ça à Cyril Drevet, un passionné qui a énormément écrit pour le secteur du jeu vidéo. Gangeekstyle a eu la chance de l’interviewer. Journaliste et présentateur de télévision, il a notamment travaillé pour l’émission Télévisator 2 sur Antenne 2. Aujourd’hui il travaille pour l’émission Turbo sur M6. Vous pouvez suivre son actualité sur Twitter. Toute l’équipe tenait à le remercier pour sa participation.

Peux-tu te présenter pour les petits jeunes?
Je suis passionné de jeux vidéo depuis mon enfance et journaliste spécialisé depuis 1986, d’abord à Joystick Hebdo, puis en 1989 j’ai participé à la création de Player One, le 1er magazine sur les consoles de jeux dans lequel j’écrivais sous le nom de « Crevette ». J’ai animé de nombreuses chroniques sur les jeux vidéo sur France 2, France 3, La Cinq, Récrékid’s (TMC), Le Club Dorothée…, créé et animé des émissions sur le jeu vidéo comme Télévisator 2 sur France 2 ou Player One sur MCM…. Désormais je suis membre d’honneur de l’asso MO5.COM, j’anime une web émission « Backstage, les coulisses du jeu vidéo » sur Gameblog, rédige une rubrique jeux vidéo dans le magazine Planète Robots et collabore régulièrement avec Pix’n Love. En parallèle, depuis 13 ans je suis aussi journaliste spécialisé dans une autre de mes passions, l’auto, sur M6 Turbo.

Avant de parler de ta carrière, je souhaiterais savoir ce que tu penses des gens qui parlent de toi sur le net en te dénigrant, disant que tu n’es pas un exemple à suivre et que tu ne t’y connais pas en jeux vidéo. Mais surtout, beaucoup de gens trouvent que tu es un frimeur.
Premièrement, quand on est une personne publique on est forcément exposé à la critique et on ne fera jamais l’unanimité, donc il faudrait que je change de métier si je ne supportais pas ça : « C’est le jeu ma pauv’ Lucette ! » comme disais l’une de mes pubs fétiches.
Deuxièmement j’ai eu la chance d’assister en témoin privilégié aux premières heures du jeu vidéo et de côtoyer / rencontrer / admirer – jusqu’à aujourd’hui – les acteurs les plus illustres aussi bien que les hommes/femmes de l’ombre du JV de Miyamoto au responsable de la hotline de Nintendo, de Kojima à Eric Chahi en passant par 2080 music ou l’homme qui fait la voix de Mario. Je ne compte plus le nombre de studios de développement que j’ai visité dans le monde entier, le nombre d’attaché(e)s de presse que j’ai vu défiler, de salons de jeux vidéo (CES au début, E3, ECTS, PGW…) auxquels j’ai participé, le nombre de jeux que j’ai testé (j’en ai conservé une bonne partie, j’en ai plus de 3000 chez moi…), de soirées de lancement / conf de presse / master class / voyage de presse auxquels j’ai assisté, je suis même au générique de fin d’un Tekken … Et surtout j’ai pu admirer de l’intérieur l’incroyable chemin technique et culturel qu’a parcouru le jeu vidéo pendant trois décennies… 30 ans de jeux vidéo – dont à certains moments jours et nuits – ça prend de la place dans une vie ! Donc mon regard sur le JV est forcément un peu particulier, et des détails qui avaient de l’importance quand j’étais plus jeune (comme le nom d’un personnage que Snake croise 10s dans un Metal Gear Solid ou le nom du game designer de Sol Feace sur Mega-CD) je les retiens moins aujourd’hui et je suis beaucoup plus dans l’analyse du marché, la sauvegarde du patrimoine – le retrogaming – et la défense d’une forme pure du JV qu’il me parait indispensable de préserver. Donc je comprends que ce recul que j’ai maintenant puisse apparaître, pour des gens qui ne me connaissent pas et qui ne connaissent pas mon parcours, comme de l’ignorance. De plus je ne mâche pas mes mots et prends, avec mon expérience, des positions qui, au moment où je les prends, peuvent paraître choquantes pour ceux qui n’ont pas de recul historique car elles ne se vérifient que des mois ou des années plus tard !
Quand aux critiques de flambeur (vous me l’apprenez !), je suis un passionné et de tout temps j’ai voulu partager sans limite ma passion avec ceux qui me lisent / suivent / regardent, donc là aussi je peux comprendre que l’on interprète ça comme de la frime… Alors que c’est juste une envie de partager avec ceux qui me suivent. J’aimerais tellement que ces gens qui me critiquent viennent me rencontrer et constatent par eux-mêmes comme ils se trompent…

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Peux-tu nous parler du magazine Player One ? Comment s’est passée cette aventure ?
C’est l’une des plus belles aventures que j’ai vécu, d’ailleurs avec toute l’équipe du mag, nous sommes restés très soudés et amis pour la vie (Pedro le rédac’chef, Matt Murdock, Iggy, Chris, Wonder, Janffir, Ino…). Il a fallu d’abord avec Pedro – qui était à ce moment-là Rédac’chef d’Amstrad 100% – convaincre le directeur de faire un mag uniquement console car lui voulait un généraliste (à cette époque les consoles de jeux n’avaient pas la cote depuis la chute de l’Atari VCS, seuls les Micro-ordinateurs étaient bien vus). Nous, avec Pedro, nous étions sûr que les consoles allaient cartonner (la NES venait d’arriver, elle était distribuée par Bandai à cette époque !!!). On a débuté avec une équipe réduite, un pote qu’on appelait Robby nous aidait au début mais Iggy et moi écrivions 80% du mag à nous deux sur les premiers numéros. Puis Chris, Matt, Wonder… nous ont rejoint au fur et à mesure du succès. Ensuite Tilt nous a copié avec Console + (et mon camarade AHL aux commandes), ce qui nous a énervé. Mais c’était génial on s’est tiré la bourre pendant des années. Des années de folie où je testais les jeux toute la nuit, me couchait à 7h du mat, et je revenais à midi écrire les articles jusqu’au soir. On formait une petite communauté de potes, on bossait dans une ambiance fabuleuse. Et pas d’Internet ou même de téléphone portable à l’époque (!), donc fallait se cracher dans les mains pour obtenir les infos (surtout du japon ou des US !!!!). C’était l’époque où je laissais la NES allumée plusieurs jours, le temps que je finisse Mario 3 à 100% pour le test, car il n’y avait pas de sauvegarde, et que la femme de ménage la débranchait pendant que je dormais pour passer l’aspirateur… Obligé de recommencer en urgence pour finir à temps (bonsoir les nuits blanches !). Et quand dans les autres boîtes c’était apéro à 18h, nous c’était tournoi de Bomberman, Superstar Soccer ou Street Fighter II !!!!

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Tu as animé une des premières émissions sur le jeu vidéo dans les années 80, peux-tu nous en parler un peu ?
Tout d’abord j’ai été, sauf erreur de ma part, le premier à tester des jeux vidéo en télé avec l’aide d’un réalisateur de l’époque, Henri Legoy, dans Matin Bonheur sur France 2 en 1986 ou 7 je me souviens plus précisément. J’avais 16/17 ans !!! Mais oui, Télévisator 2 a été ma première émission complète. La fabuleuse directrice de la jeunesse de l’époque, Mireille Chalvon, m’avait demandé d’habiller sa case « jeunesse » avec mon concept d’émission de jeu vidéo. Donc on diffusait des dessins animés dans l’émission et on testait les nouveautés (pas de PEGI 18 à l’époque !). Pendant une période j’affrontais les téléspectateurs sur une borne Virtua Racing, et on a même inventé un jeu interactif par téléphone sur Super Mario World. J’avais emmené avec moi quelques potes de Player One (Matt, Chris, Janffir, Ino pour le cinéma), et on traitait la culture jeu vidéo au sens large en parlant aussi de cinéma et de mangas / animés. Un de mes meilleurs souvenirs restera le lancement d’Aladdin sur Megadrive, on s’était déguisé (moi en Aladdin et mon pote Janffir en… Jaffar !) et on a fait toute l’émission en incrustation sur les décors du jeu !!! Le concours Starfox (Super Nintendo), avec la finale française dans l’émission, reste aussi un grand moment.

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Comment cela se passait-il à l’époque dans la gestion de l’émission ? Tu étais libre de ce que tu proposais ou bien il y avait des partenariats avec certaines marques qui vous obligeaient à faire des sujets dessus ?
Alors là, pour le coup, on était totalement libre ! Trop au goût de certains : l’éditeur Ocean (un des grands éditeurs anglais des années 80/90 aujourd’hui disparu) et son directeur France de l’époque, Michael Sportouch, n’avaient pas apprécié que l’on dise que le jeu sur Jurassic Park (dans lequel ils avaient mis beaucoup d’argent… mais plus dans la licence que dans le développement !) était une vraie daube ! Ils nous ont boycotté par la suite… Six mois seulement, car ils avaient plus besoin de nous que de l’inverse !

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Quand l’émission s’est-elle arrêtée et pour quelle raison ?
On s’amusait bien et on a fait des records d’audience mais quand Mireille Chalvon a été remplacée, la nouvelle équipe de direction des programmes voyait le jeu vidéo d’un mauvais œil et nous a supprimé… Du coup je suis parti dans le camp d’en face sur TF1, chez Dorothée… Une autre aventure extraordinaire.

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Qu’as-tu fais ensuite ? Tu as voulu rester dans le jeu vidéo ou bien changer de voie ?
Je n’ai jamais abandonné le jeu vidéo, c’est impossible, ça coule dans mon sang ! Je profitais d’être animateur au Club Dorothée pour présenter une rubrique sur les jeux, puis encore plus dans Récrékid’s sur TMC, une émission produite aussi par AB Productions et que j’ai co-animé pendant des années. J’ai fait aussi une émission sur les jeux de sport sur AB Sport puis sur les jeux de voiture sur AB Moteurs. Quand je suis arrivé sur Turbo en 2001 j’ai régulièrement aussi fait des reportages sur les jeux de caisse et je continue. Dans le même temps Julien Chièze m’a engagé sur Gameblog et c’est le bonheur de travailler sous sa direction avec une équipe qui me rappelle le bon temps de Player One.

Quel est ton premier souvenir jeu vidéo ?
Space Invaders en arcade… Un choc ! C’était en 1981…

Maintenant que tu as beaucoup joué, quel est le type de jeu que tu préfères, et quel jeu dans ce genre préfères-tu ?
En fait ce que je préfère, ce sont les jeux en 2D !!! Les shoot’em up ou les jeux de plateforme ou encore les action/aventure vus du dessus comme Zelda A Link to the Past, ou les jeux de baston comme Street Fighter II (et Super Street IV qui déchire). Dis comme ça c’est bizarre, mais en fait le gameplay des jeux en 2D n’est pas du tout le même que celui des jeux 3D (je trouve les sticks analogique trop imprécis notamment). La gestion de la troisième dimension et donc des vues en 360° rajoute de l’imprécision et moi ça me gêne.
Après je suis aussi un fan de FPS, et de jeux de voiture (forcément !), donc je ne suis pas fermé non plus à la 3D! Mais un Super Mario 3, un Ghost’n Goblins, ou mieux un R-Type sont pour moi les summums de ce que l’on peut atteindre en plaisir de jeu. Car ils sont tellement précis dans leur catégorie que l’on ne peut pas accuser la machine quand on perd… on ne peut s’en prendre qu’à soi-même !
Bref je suis old school, mais un Uncharted, un Halo ou un Last of Us me rendent fou également !!! Sinon mes deux coups de cœur improbables de ces derniers mois sont Soldat Inconnus d’Ubi et Wolfenstein The New Order. En ce moment je suis comme un dingue sur #Driveclub.

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Quel regard portes-tu sur le jeu vidéo actuel ?
J’ai eu très peur sur la génération précédente de console quand Kinect est sorti, que la Wii cartonnait, que l’on parlait de cloud gaming avec OnLive, les jeux sur mobiles qui se diffusaient… J’avais d’ailleurs écrit un post sur Gameblog qui avait fait polémique : « Le jeu vidéo est mort ce soir… » quand les premiers chiffres de vente de Kinect étaient sortit ! Pour moi on bradait le vrai jeu vidéo comme je l’aime pour attirer les casuals. Autrement dit on dégradait l’expérience des vrais passionnés de jeu pour attirer des gens qui n’aiment pas forcément jouer… Comme je le dis souvent en réponse à Nintendo, je m’en fous que ma grand-mère puisse jouer aux jeux vidéo ! Car si à cause d’elle je dois supporter une Wiimote totalement imprécise et qui donne l’air crétin quand on l’utilise, pour qu’elle puisse y jouer aussi : no way… Qu’elle continue de faire du tricot !
Et puis miracle, les casuals ont montrés qu’ils utilisaient une console comme un grille-pain et achetaient beaucoup de machines mais pas de jeux (dommage, c’est là que les Sony, Nintendo, et Microsoft gagnent de l’argent !!!), les gamers ont compris que les motion controllers n’apportaient rien de bon (j’ai suffisamment milité pour ça !) et que finalement une bonne manette (ou un clavier/souris sur PC) il n’y a rien de mieux pour jouer. Le seul à l’avoir anticipé c’est Sony avec la PS4. Ils sont revenu avec une pure console totalement axée sur le jeu, ils ont conservé une manette traditionnelle sans accessoires gadgets et nous ont laissé le choix de jouer déconnecté, avec des jeux en boîte que l’on peut collectionner et revendre d’occasion, mais aussi en démat et notamment en favorisant les jeux indés… Ils en récoltent les fruits, je n’avais pas vu un tel lancement depuis la PS1 !!! Chez Microsoft ils l’ont compris trop tard, ils en payent le prix aujourd’hui (étonnant car la 360 était, elle, une sacré machine pour les gamers malgré Kinect à la fin). Quant à Nintendo, hormis quelques gros titres classiques de leur catalogue (mention spéciale tout de même pour Hyrule Warriors, j’adore l’idée), ils se sont perdus dans les limbes à vouloir chasser sur les terres d’Apple… Mais rien n’est acquis, le Cloud Gaming est au coin du bois (Playstation Now, annonces de Microsoft…) et il va falloir se mobiliser contre, car s’il s’impose, nous, les joueurs, nous serons les grands perdants, nous serons dépossédés de nos jeux et de la diversité des machines. Donc les opérateurs pourront faire ce qu’ils veulent, nous faire raquer un max et quand ils veulent…. Et le retrogaming deviendra impossible avec des jeux qui disparaîtront à jamais dès qu’ils seront supprimés des serveurs. C’est la même chose pour la démat, il faut veiller à ce que cela reste une offre alternative, et non une offre unique….

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Le retrogaming est un peu une mode underground de passionnés depuis un peu plus de 10 ans désormais, penses-tu que la chose soit éphémère ou bien n’est-ce que le début d’une grande aventure ?
Je ne crois pas du tout que ce soit une mode, il y aura toujours des joueurs fascinés par les anciennes machines et les jeux du passé. Il y a eu tellement de pépites dont l’expérience de jeu ne se retrouve pas forcément dans les titres modernes. Et puis la PS4 ou la XBOX ONE seront les collectors de demain ! Et plus on ira vers le dématérialisé plus les machines et les jeux physiques prendront de la valeur et seront recherchés ! Après, comme pour les voitures de collection, il y aura des cycles, avec des prix qui vont monter puis s’effondrer à certains moments, pour remonter encore plus fort ensuite…

Que penses-tu de la collection de jeux vidéo aujourd’hui ? Quel regard portes-tu sur les prix du marché ?
En tant que gros collectionneur (j’ai toujours conservé tous mes jeux et toutes mes consoles, plus certains ordis), je serais mal placé pour critiquer les autres collectionneurs ! Après je suis effondré de voir les niveaux de prix du marché du retrogaming, et plus encore de constater à chaque fois que je vais au Japon comme les Super Potato & co ont été dévalisés… Fini les machines impeccables en boites nickelles que je trouvais encore il y a 2/3 ans, désormais même là-bas les rayons sont vides… C’est cette rareté qui fait monter les prix.

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Tandis que Nintendo ameute toujours autant les foules chez les retrogamers, certaines machines sont tombées dans l’oubli. Quel est pour toi le meilleur exemple de la machine qui aurait dû fonctionner mais qui n’a pas su attirer son public et pourquoi ?
Pour moi le meilleur exemple c’est la NEC PC Engine, qui s’est correctement vendu au Japon, mais beaucoup moins que les Nintendo et Sega, et qui, par manque de distribution officielle, est restée confidentielle en Europe. Pour un grand groupe comme NEC, le jeu vidéo n’était qu’une petite activité et ils n’ont pas mis les moyens de communication nécessaire pour soutenir une console qui était (et reste) fabuleuse. En face pour Nintendo ou Sega c’était leur activité principale donc ils mettaient les moyens… La PC Engine aurait pu cartonner, pour moi elle était bien plus sympa qu’une Megadrive par exemple.

Quel est typiquement le jeu issu d’une licence connue que tu aurais vu apparaître en jeu vidéo et qui n’a jamais vu le jour ?
J’aurais adoré un jeu sur Akira, avec des courses de moto dans Neo Tokyo et de l’exploration comme dans Shenmue !

Tu es un peu une figure française connue du jeu vidéo avec toutes les choses que tu as faites depuis les années 80. Quels sont tes meilleurs souvenirs ?
Les rencontres avec Miyamoto, le lancement de la Game Boy et de la Super NES, une finale mondiale de Tekken à Londres, un voyage fou chez Oddworld Inhabitant à San Luis de Obispo en Californie, un tournage chez Polyphony Digital à Tokyo, mon premier CES à Las Vegas (c’était le salon des jeux vidéo avant que l’E3 s’installe à Los Angeles), Philippe Ulrich (Ere Informatique, Exxos) qui sacrifie un Amstrad CPC à la hache lors d’un salon, une visite chez Sega USA quand ils étaient à San Francisco, mes balades à Akihabara… Les Jeux Vidéo m’ont fait vivre tellement d’aventures extraordinaires que je ne pourrais toutes les citer…

Depuis quelques années maintenant, de nombreux fans font du retrogaming un fer de lance pour créer toutes sortes de vidéos sur internet. Professionnels (joueur du grenier / AVGN) ou amateurs, ils réussissent pour certains à attirer un nombre conséquent de fans.
Penses-tu qu’ils apportent un nouveau regard sur ce milieu aux débutants, ou bien qu’ils contribuent simplement à l’expansion du retrogaming dans la tête des gens pour en faire quelque chose de plus commun et moins geek ?
Étant donné que la télévision – et je suis bien placé pour en parler – boycotte le jeu vidéo sur les grandes chaînes nationales, cela me parait normal que les passionnés se soient emparés du Net comme canal d’expression. Je trouve cela sain, et il est important que le retrogaming soit popularisé par ce biais afin que ces merveilles du passé soient préservées et collectionnées au lieu de finir à la benne. Et comme pour l’histoire du monde, si les plus jeunes découvrent le passé du jeu vidéo, ils auront une vision plus pertinente du jeu vidéo actuel.

Quelques questions pour finir :
Tu es plutôt :

– Mario ou Sonic ? Mario, bien sûr !!!!
– Nintendo ou Sega ? Nintendo à 200%
– Arcade ou Salon ? Les deux ! et même arcade dans le salon !
– Salon ou portable ? Les deux ! Salon à la maison, et Vita/3DS dès que je voyage.
– Microsoft ou Apple ? Apple pour mes iPad/iPhone et Microsoft pour mes PC
– VS fighting ou RPG ? VS fighting, de loin, j’ai pas la patience du tour par tour dans les RPG.

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A propos du gangeekeur

Collectionneur matérialiste, petit joueur, rageman ascendant crevardman, Lutador. Un pigeon parmi les vautours.

19 commentaires

  1. Excellente ITW, ça doit être cool de rencontrer un des « piliers » de l’histoire du JV dans notre bô pays.

    Et je suis complètement d’accord avec lui, la PC-engine n’a pas eu le succès qu’elle méritait (tout comme la DC après elle ^^).

    Par contre, je trouve dommage que la TV ne parle pas + de JV à l’heure actuelle (je connaissais viteuf Jeuxactu ou un truc du genre mais je sais même pas si ça existe encore ^^), ça me ferait bien kiffer de mater une nouvelle émission de JV sur une chaine grand public (je précise que j’ai que la TNT moi!)

  2. C’est sûr c’est dommage qu’il n’y ait plus d’émissions consacrées au jeux vidéo alors qu’il s’agit du bien culturel le plus consommé (merci FIFA !).

    On est loin de l’époque bénie de la « cyberculture » où Crevette et d’autres nous laissait entrevoir ce qu’on pensait être le futur de la télévision.

  3. Shining Force IV le

    Ouais, notre bon vieux Crevette. Cool de le voir répondre à tes questions ! Dommage simplement que ce soit par moment un peu langue de bois, et qu’il n’évoque pas les fortes tensions qui existaient entre lui et certains autres pigistes de PO. Et puis aussi, qu’il ne raconte pas comment il a réussi à trouver une place à la télé et qui était le producteur de T2…

    Cependant, il faut lui reconnaître une solide expérience des JV, non truquée et parfaitement authentique. Dans les coulisses des JV, il a vécu en live des moments incroyables, très forts, que beaucoup auraient rêvés de vivre ! Et il est incontestable qu’il s’agit là d’un gros bosseur, qui savait s’éclater mais aussi s’investir à fond quand il entreprenait quelque chose. Effectivement, nous avons bel et bien là l’un des piliers médiatiques du jeu vidéo en France.

    Merci beaucoup pour ton interview Ivankaiser. D’ailleurs, Cyrille Baudin n’étant hélas plus parmi nous, ce serait géant pour la prochaine que tu nous proposes une interview de Patrick Giordano qui en plus d’être un formidable artiste et un bosseur acharné, est sûrement LE meilleur (ex-) journaliste de jeux vidéo de tous les temps, à défaut d’être le plus connu (AHL, Crevette, J’m Destroy ou plus récemment Marcus jouissant d’une plus grande notoriété).

    Bonne continuation à toi et à GGS !
    😉

  4. Superbe interview, c’est super de lire une personne aussi importante dans le monde du jeux vidéo Français ! Ça fait vraiment plaisirs de voir des gens passionnés qui ont pu autant contribuer à notre passion commune ! Merci Crevette !

  5. très bonne interview
    Mais cyril à dis une chose qui m’a choqué, je cite:
    une pc engine bien plus sympa qu’une megadrive
    j’ai envie dire sur quel point?
    j’avoue je suis curieux là

  6. Belle interview qui ramène plein de souvenirs. Chez les jeunes des années 80 et début 90, les années du « cool », il y avait une effervescence particulière autour des jeux vidéos étroitement liée à la toute fraiche accession populaire aux loisirs électroniques : merci aux salles d’arcade (bouffeuses de pièces), et surtout aux micros et consoles aux pieds des sapins de Noël. C’était nouveau et ça évoluait en permanence. Sans internet, le partage de l’engouement vidéo-ludique avait une dimension physique : On restait des heures assis entre potes pour défendre une machine ou un personnage de Street Fighter 2, on achetait des magasines qu’on lisait 10 fois en s’extasiant sur les cartes complètes des niveaux de jeux qu’on aurait pourtant jamais (trop cher !). On retournait dans tous les sens les boites de jeux aux artworks colorés, accrochées dans les rayons des centres commerciaux. Il suffit d’ailleurs de regarder le rayon PS2/PS3/PS4/Wii/WiiU/etc des cashs actuels ! Toutes ces boites aux formats DVD insipides et aux tranches monochromes dégueulasses me font dire que oui, il s’est passé quelque chose d’artistiquement pourri à la fin des années 16 bits. L’invitation au rêve a disparu des jaquettes, images bâclées, sans goût. Les boites de jeux, les notices, et les goodies ont fait un régime minceur, tout comme l’intérêt artistique et le pouvoir divertissant de leurs contenus. Pas besoin de système d’achievements bidons à l’époque pour valoriser le joueur, car le simple fait de finir les jeux souvent frustrant et difficiles suffisait à procurer une grande satisfaction : A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! Désormais, on ne tourne plus les pages d’un magasine et on lit sur internet des tests et commentaires tous azimut, mal étayés, rédigés par des inconnus. Aujourd’hui, on joue avec des manettes sans fil ou en agitant les bras devant un kinect comme un gland, on achète des jeux dématérialisés et des DLC (au fait, on appelait ça des add-ons dans le monde des années 90, mais ça ne devait pas être assez vendeur) sur des plateformes dédiées. En s’éloignant physiquement du matériel, du concret, on a également perdu le contact avec ce qu’était le jeu vidéo à son age d’or. Le réalisme exacerbé a pris le pas sur la suggestion et la stimulation intellectuelle, dans les jeux, mais aussi dans le comportement de la majorité des joueurs devenus consommateurs (qui n’acceptent pas la frustration d’un jeu difficile, du réel challenge, qui veulent 10 jeux démat’ pour le prix d’une boite collector, qui préfère la quantité à la qualité).

    En tout cas, Cyril Drevet, avec son look cool total Wayne’s World, incarnait une sorte de « grand-frère idéal » pour certains plus jeunes dans les émissions. Le packaging de l’émission était (en apparence) naïf, direct, très proche du téléspectateur pour tenter de créer ce lien physique évoqué plus tôt. Avec beaucoup d’autres, Crevette était un contre-poids aux légions de détracteurs des jeux vidéos qui pesaient dans les médias en l’associant à un danger rampant, une déviance culturelle… Comme ils l’ont également fait pour les jeux de rôle, rappelez-vous. Putain, quelle époque !

  7. Wow, quel article ! L’auteur est un aîné donc je n’ai pas connu tous les aspects évoqués, mais finalement, on dirait bien que la sous-culture populaire nerd (je ne sais pas vraiment comment l’appeler en fait) était déjà mondialisée dans les années 80.

    Je retourne à mes Lego.

  8. C’était mondialisé mais ça se méritait ! Il ne suffisait pas de tourner le robinet, fallait aller chercher l’eau au puits.

    L’époque bénie du fanzinat, du tape trading et des correspondants, si possible étrangers, qui remplissaient régulièrement ta boîte aux lettres de trucs introuvables dans ta cambrousse.

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