Vice: Project Doom – NES

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Dans notre monde, certains visionnaires ou génies ne récoltent pas forcément de bonnes critiques pendant la période où ils sont les plus productifs. À défaut d’être entendus, leurs travaux sont retranscrits de manière indélébile dans leurs créations et seront un jour ou l’autre jugés à leur juste valeur. Les concepteurs de jeux vidéo n’échappent pas à cette règle. Un soft est éternel (surtout grâce à l’émulation) et il y a toujours un moment où les titres oubliés peuvent enfin avoir leurs petits moments de gloire. Nous allons vous parler d’un jeu qui n’est pas très connu du grand public, mais qui mérite d’être dans votre ludothèque NES.  Aujourd’hui, pas de Mario ou de Castlevania, ni de Shinobi ou de Ninja Gaiden. Dans cet article nous allons parler d’un jeu sombre qui s’adresse aux fans de science-fiction et d’anticipation. Ce jeu c’est Vice : Project Doom.

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Vice : Project Doom est sorti au Japon sous le nom de Gun-Dec. C’est un jeu d’action développé par Aicom et édité par Sammy pour la Famicom et la NES en 1991. Il s’agit d’un side-scroller, dans la même veine que Castlevania 1 et 3 ou Ninja Gaiden sur NES, comprenant deux phases de « rail shooter » et deux niveaux « shoot them up » déguisés en poursuite de voiture. Dans la version famicom, les textes sont en japonais et les noms de certains personnages sont différents.

 

Présentation du jeu

En 2139, la B.E.D.A. Corporation, une société impliquée dans le développement d’équipements électroniques et d’armes militaires est mise sous surveillance par les autorités. En réalité elle est tenue par une race extraterrestre qui vit sur Terre depuis des siècles, dans le plus grand secret. Les Aliens ont mis au point une substance appelée « Green Slime » ou « Gel », qui a été initialement conçue pour être utilisée comme nourriture pour leur espèce. Ils s’aperçoivent que cette substance agit comme une drogue sur l’Homme et qu’elle entraîne des effets secondaires terribles sur le long terme, notamment des mutations transformant le consommateur en un monstre assoiffé de sang. Sentant le potentiel dollars, ce composé est mis en vente dans les rues par la pègre. Cette substance fait alors fortement augmenter les crimes incompréhensibles, pour la plupart commis par des fous et des mutants. Le détective Quinn Hart (Hart braveman), membre de la Vice unit, va faire face à la B.E.D.A. Corporation suite à plusieurs événements qui seront relaté dans le jeu.  L’histoire commence après la disparition de son ancien frère d’armes, Jeef Reese. Au cours de sa mission, Hart sera aidé par sa petite amie (elle aussi membre de la Vice unit) Christy (Chris Fohest). Sophia Koisumi, une amie du couple interviendra souvent dans leur enquête.

Le joueur prend le contrôle de Hart et va devoir élucider cette enquête à coups de fouet laser et de Magnum 44 (il a plus une gueule de Beretta, mais bon). Le jeu se compose de 11 niveaux, divisés en plusieurs stages. Le premier niveau, ainsi que le dixième, sont des phases de « shoot » camouflées en poursuite de voiture à la Spy Hunter (un jeu de Bally Midway datant de 1983), tandis que les stages 4-2 et 11-1 sont des niveaux de « gun fight » à la Operation Wolf. Le reste du jeu est un « side-scroller » de haute volée avec une esthétique fusionnant énormément de genres. Chaque niveau commence avec une petite scène qui distille des informations sur l’enquête de Hart (à la Ninja Gaiden sur Nes).

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Le joueur dispose d’une jauge de santé et un nombre de vies limités. Vous disposez de Continue infinis. Hart peut sauter (bouton A) , attaquer (bouton B), s’accroupir et grimper aux échelles. Il peut également courir en restant baissé (diagonale bas avant), un peu comme un ninja (Gaiden). Il dispose de trois armes : un fouet laser, un revolver Magnum .44 , et des grenades. Vous pouvez passer d’une arme à une autre en appuyant sur le bouton select.

20Dans le futur les moustiques ne vous piquent pas, ils vous empalent!

Le fouet laser est une arme de courte portée qui peut être utilisée indéfiniment, tandis que les balles et les grenades sont limitées. Le magnum à une meilleure portée, mais le tir ne va qu’à la moitié de l’écran. La grenade va un peu plus loin que le tir et fait plus de dégâts que le fouet ou le pistolet. Les munitions sont lâchées par les ennemis vaincus. Des bonus de santé sont à votre disposition pour faire remonter la barre de vie. Il y a des sodas et des gros morceaux de viande (à la Castlevania). Vous pouvez aussi récupérer des pièces. 100 pièces collectées donneront au joueur une vie supplémentaire (à la Super Mario).

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Pendant les phases de « shoot them up » la voiture a une boîte de vitesse à 3 niveaux (Bouton A). Elle est équipée d’armes à feu à l’avant pour tirer sur les véhicules ennemis (bouton B). Dans les phases de « rail shooter », le joueur déplace une cible dans un décor en mouvement (à la Operation Wolf). Dans cette phase vous ne pouvez que tirer (bouton B) et utiliser vos grenades (bouton A), mais attention vous n’avez pas de munitions infinies.

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Si vous perdez une vie, vous reprenez au début du stage. Si vous utilisez un Continue, vous redémarrez au début du niveau. Dans les phases de shoot et de gun shooting, si vous perdez une vie, vous recommencez directement là où vous étiez. Si vous utilisez un Continue vous repartez au début du stage.

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Vice commence timidement, avec une poursuite sur l’autoroute. Je pense que beaucoup de joueurs se sont arrêté à ce stade, lorsqu’ils ont testé le jeu en émulation à la va vite (vous savez de quoi je parle, hein lorsque vous êtes malade à la maison et que vous testez des jeux au pif sur votre ordinateur). Fatale erreur. Le second niveau vous annonce toute suite la couleur. Le jeu bouge bien, les graphismes sont propres, le sprite de Hart est superbe. Le design des ennemis s’inspire de ce qu’on a déjà vu dans d’autre jeux du genre (Ninja Gaiden en tête). Si les premiers stages ne vous proposent pas une grosse variété d’ennemis, ils se diversifieront au fil des niveaux suivants pour votre plus grand malheur. Les Boss du jeu sont vraiment superbes.

Les différents niveaux.

Voulez vous en savoir plus ? Voir

Dommage que les stages en voiture et les phases de « gun shooting » n’apportent rien au soft. Nous ne comprenons vraiment pas pourquoi ils ont mis une phase en caisse dès le début du jeu. C’était vraiment se tirer une balle dans le pied.

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Lorsque vous vous faites toucher, Hart fait un petit bon en arrière (à la Castlevania). Je vous laisse le soin d’imaginer ce que ça peu donner lorsque vous tentez un saut au moment où un ennemi sort de nulle part pour vous coller un Kunai en plein dans la gueule, provoquant ainsi le fameux sursaut qui vous envoie direct dans un trou. Il y a aussi la réaction en chaîne typique « NES », lorsque plusieurs ennemis vous touchent et que votre personnage se transforme en une balle de ping pong. C’est horrible de voir sa barre de vie descendre à la vitesse de la lumière, parce que vous aviez voulu tenter le diable en faisant un passage en force.

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L’un des points forts de Vice est sa narration. Les personnages sont très travaillés pour un jeu NES et l’histoire devient de plus en plus étrange à mesure que vous avancez. Le scénario est très « adulte », nous sommes loin des clichés habituels qui vous poussent à vite appuyer sur Start pour passer le scénario. En chemin, vous rencontrerez des personnages inattendus, et vous finirez par percer une partie des mystères qui se cachent derrière la  B.E.D.A. Corporation.

Inspirations

Le jeu s’inspire de tout ce qui est possible et imaginable et puise dans tout les styles. Certains Pixel-Arts font penser à l’inspecteur Harry ou à des films de vigilantes. Il y a un savant mélange entre le film blade Runner et l’anime Bio Hunter (1988).

dirty

Le scénario va vous faire voir du pays : vous traversez une ville, des égouts, des laboratoires, une jungle, le toit d’un train (peut-être le niveau le plus réussi du jeu) …Etc. Il y en a vraiment pour tout les goûts. Derrière cette direction artistique intelligente pour l’époque se cache un petit côté Ninja (Gaiden) Game fusionné à du Castlevania. Le jeu se passe toujours de nuit. Cela renforce l’ambiance.

23Le jeu peut, par moment, faire penser à Castlevania.

 

Technique

Si on élude les phases en voiture et au flingue (qui ne sont pas très bien réalisées), le jeu est vraiment très beau. Contrairement à un jeu comme Crisis Force qui va vous appâter en vous en mettant plein la tronche dès le premier niveau, Vice : Project Doom adopte la technique de la montée en puissance. Le jeu devient au fil des niveaux de plus en plus beau (couleurs bien choisies, ennemis propres), de plus en plus osé (multi-scrolling, effets de distorsion, utilisation très poussée de la NES pour éviter les clignotements…Etc), mais aussi de plus en plus dur.

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La bande son est pas mal. Dommage que quelques thèmes soient utilisés pour plusieurs niveaux. Les bruitages sont corrects, sauf dans les parties en voiture. Ils couvrent la musique, transformant la bande-son en un brouhaha horrible. C’est assez désagréable.

22Le PCU-100 VARDKIN n’est pas très dur à battre une fois que vous avez compris son pattern

La maniabilité est très bonne, mais certains passages demandent beaucoup de dextérité. Le petit bond en arrière lorsqu’on se fait toucher augmente beaucoup la difficulté du jeu. À partir du niveau 6, ça se complique. Le fait de repartir au début du stage lorsque nous perdons une vie et le fait de recommencer le niveau lorsque nous utilisons un Continue peuvent décourager les petits joueurs.  Le dernier boss est très dur à battre. Attendez-vous à refaire le dernier stage plusieurs fois avant de voir le générique de fin.

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Le jeu est très (trop?) long. Comptez une bonne heure pour le finir si vous le connaissez sur le bout des doigts. Il n’y a pas de password ou de sauvegarde. Si vous voulez voir la fin, vous n’avez pas d’autre choix que de le faire d’une traite. L’ajout d’un système pour reprendre sa partie aurait été judicieux pour maximiser le plaisir. Il n’est pas possible d’y jouer à deux. Dommage, il s’y prêtait bien.

21 Le fouet laser est aussi efficace pour le jardinage!

C’est une équipe talentueuse qui est derrière ce jeu. Dans le Staff, nous retiendrons surtout Hiroshi Takeuchi qui a travaillé par la suite sur d’autres projets : Dr mario 64, Gran Turismo 3, Tales of Legendia etc.

Le jeu a eu de mauvaises critiques aux USA. Allgame, par exemple, lui a mis 2,5 sur 5.  Nintendo Power a donné une note de 3,8 sur 5. Pourtant avec son gameplay parfait et ses niveaux sympathiques et intelligents, le jeu aurait mérité mieux. La grande question c’est : pourquoi n’est-il pas sorti en Europe?

Conclusion

Une fois de plus nous avons affaire à un bon titre sorti en fin de vie de la console. C’est certainement pour ça qu’il n’est jamais arrivé en Europe. Nous retiendrons juste certains poins négatifs : certaines phases de jeu sont inutiles. L’absence de password se fait quand même sentir et le petit bond en arrière à chaque touche agace.  Si le soft offrait la possibilité de jouer à deux et s’il n’y avait pas tous ces petits défauts, il aurait mérité cinq étoiles sans problème. Malgré tout Vice : Project Doom est un concentré de ce que le fan de oldies aime : un jeu sans concessions, superbement réalisé et plaisant à jouer. Que demande le peuple ?

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Vice Project Doom - NES

85%
85%
 

A l'instar de Castlevania, ce jeu est une véritable turie sur la NES/Famicom.
Dommage que nous ne pouvons pas y jouer à deux et que certains passages soient inutiles. Certainement l'un des meilleurs side scroller de la Nes/Famicom.

  • Gameplay
    8
  • Graphismes
    10
  • Sound Design
    8
  • Intérêt général
    8
  • Notes des internautes (2 Votes)
    5
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A propos du gangeekeur

Collectionneur matérialiste, petit joueur, rageman ascendant crevardman, Lutador. Un pigeon parmi les vautours.

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