Croc : Legend of Gobbos – PS1

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Voilà un article teinté de nostalgie puisque j’ai découvert Croc à l’âge de 12 ans sur ma PlayStation. Aujourd’hui, je voudrais vous présenter le premier jeu de la licence Croc. C’est un jeu de plate-formes mettant en scène un petit crocodile à une dent. Oh, ça ne manquerait pas un peu de mordant ?

origine du personnage Croc

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Si Croc a un p’tit air de ressemblance avec Yoshi, c’est qu’en réalité, Argonaut Software, le studio de développement à l’origine du jeu, avait pour ambition de faire un spin-off de Mario avec Yoshi comme héros pour la console Nintendo 64. Sauf que Nintendo rejeta l’idée. Argonaut Software avait pourtant travaillé main dans la main avec Nintendo lors du développement de Star Fox sur Super Nintendo. Mais Nintendo n’avait encore jamais confié un de ses personnages emblématiques à un studio tiers et le choix d’un jeu de plateforme entièrement en 3D était un risque à cette époque. Argonaut a donc modifié quelque peu son héros et a cherché d’autres éditeurs capables de financer son jeu. Croc : Legend of the Gobbos sortira en 1997 sur Playsation, Saturn, PC et Game Boy Color (2000 pour ce dernier) et sera édité par Fox Interactive en ce qui concerne la version PS1 pal.

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jaquette de la version japonaise renommée Croc! Pau Pau Island, éditée par Mitsui Media Quest

Ce qu’il faut savoir, c’est que bien que Super Mario 64 soit sorti un an avant Croc, c’est bien le prototype de ce dernier qui a influencé le choix de Nintendo de faire un jeu de plateforme en 3D avec sa mascotte. Argonaut Software n’avait pas les mêmes moyens que Nintendo pour le développement de son jeu et a donc mis plus longuement à accoucher de son bébé. Le jeu se vendra à plus de 3 millions d’exemplaires sur PS1 dans le monde (source : www.vgchartz.com).

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Mais au fait, pourquoi Croc n’a t-il qu’une seule canine ?
Dans la cinématique d’introduction, on découvre que Croc se casse une dent lors de ses premiers pas sur l’île des Gobbos. C’est certainement pour cette raison que Croc est végétarien, avalant jusqu’à 150 seaux de pois rien que pour son petit déjeuner. Sinon, il aurait peut-être fini par dévorer ses amis ?

La légende des Gobbos

Les Gobbos sont un peuple de petits mammifères ressemblant à des peluches toutes poilues. Ce sont des créatures très gentilles et inoffensives. Ci-dessous quelques extraits de la sacro-sainte notice du jeu pour illustrer plus facilement le caractère de ces petites bêtes :

Les Gobbos étaient une race dont les plus grandes inventions ont été un déodorant comestible et un humidificateur de vache mué par le vent.

Sur plus de deux mille ans d’existence, les Gobbos ont envoyé seulement trois d’entre eux à l’école; deux en sont revenus. Étaient-ils adorables ? Tu parles ! Ils étaient tellement adorables qu’ils auraient pu se prendre les uns les autres comme animaux domestiques.

Au début de chaque année, la grande Prêtresse Gobbo annonçait l’ustensile de cuisine sous le signe duquel serait placée l’année et déclarait que si les Gobbos enlevaient leurs pantalons, l’année serait fructueuse. Les Gobbos prenaient cela très sérieusement, bien que certains commencèrent à remettre en question ce rituel durant l’année du l’ouvre-boites électrique.

Le peuple des Gobbos est donc composé de bestioles vivant simplement et en harmonie. C’est un peuple pacifique qui est gouverné par le Roi Rufus l’Intolérant.

King_Rufus

Roi Rufus

Les peuples alentours avaient entendu parler du Roi Rufus l’Intolérant et le redoutaient pour son seul nom. Bien sûr, les Gobbos savaient que son nom complet était Roi Rufus Intolérant au Lactose et n’avait donc peur de lui seulement après qu’il ait englouti une grosse assiette de fromage.

Un jour, le Roi Rufus aperçu un panier flotter sur la rivière. Il s’en approcha et y découvrit un bébé crocodile. Il l’accueillit sur son île et l’éleva comme un des siens. Jusqu’au jour où Croc devient beaucoup plus grand que ses compagnons. Il décida alors de partir à la recherche de ses origines. Sauf qu’au même moment, le vilain Baron Dante fait son entrée sur l’île et kidnappe les Gobbos.

Les Gobbos avaient entendu de nombreuses histoires sur les Dantinis, une bande de vauriens connue dans tout le pays pour leurs incendies criminels et leurs pillages injustifiés.

Le pire, c’est qu’avec les Dantinis, le Baron Dante n’était jamais bien loin. Roi des Vauriens, le Baron Dante était plus fort qu’un millier de Dantinis et il nourrissait depuis longtemps une haine pour tout ce qui était Gobbo. Il avait vu les Gobbos et Croc vivre merveilleusement heureux et avait décidé que cette harmonie devait cesser. L’heure était venue de les faire souffrir.

La Vallée regorgea de Dantinis. Ils capturèrent les Gobbos les uns après les autres et les mirent en cage. Dante surveillait les opérations et riait de son rire effroyable. Le Roi Rufus savait qu’il devait sauver Croc. Il donna un coup de queue dans le gong installé au centre du village : il sonna et appela Beany l’Oiseau. Celui-ci apparut immédiatement et le Roi Rufus lui demanda de mettre Croc en sécurité. Rufus regarda Croc « Tu es notre seul espoir. ». Avant qu’il ne puisse répondre, Beany fit disparaître Croc dans une pluie magique d’étincelles alors que le Baron Dante saisissait le roi de sa poigne de fer.

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Baron Dante

Croc va devoir partir à la rescousse de ses petits amis.

Gameplay

Lors de la mise en route de la console, une cinématique d’introduction démarre pour planter le décor et l’histoire. Vient ensuite le menu principal, en anglais. Pour les anglophobes, rassurez-vous, rien d’insurmontable puisque le jeu ne comporte aucun texte ni aucune parole. Tout ce qui sort de la bouche de Croc sont des « Yazoo » et autres onomatopées.

En ce qui concerne les contrôles, ils sont assez simples. Croc peut principalement sauter et attaquer avec sa queue. Il a aussi une attaque écrasée, faisant suite à un saut, afin de casser les boites. Il y a également un petit saut demi-tour parfois bien pratique pour se défaire d’un mauvais angle de la caméra, principal défaut du jeu. Secondairement, il y a des petits pas chassés à gauche ou à droite, là aussi très utiles dans un jeu de plateforme pour se placer idéalement afin de franchir un obstacle. Un bon point du jeu est que les déplacements et la caméra sont contrôlables avec les sticks analogiques.

Croc peut escalader certains murs, pousser les caisses qui ont des flèches peintes dessus, s’accrocher à des barres suspendues ou encore nager.

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Le jeu est composé de 4 îles (forêt, glace, désert et château). Chacune d’elles comprend 6 niveaux normaux, dans lesquels Croc doit récupérer 6 gobbos et le plus de diamants possibles (100 = 1 vie supplémentaire). Comme ça, ça pourrait paraître simple, mais dès que vous vous faites toucher par un ennemi, Croc perd tous les diamants accumulés dans le niveau et n’a pas le temps de tous les récupérer avant leur disparition. Et bien sûr, si Croc n’a pas de Diamant dans sa besace, il perd une vie et on redémarre au début de la zone en cours. Les gobbos sont enfermés dans des cages ou dans des caisses. Il y en a aussi un caché dans une salle derrière une porte qui ne s’ouvrira que si vous avez récolté dans le niveau les 5 cristaux colorés. Il faudra parfois relever un défi pour mettre la main sur ce dernier gobbo, très précieux.

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Chaque île contient également 2 gardiens : l’un posté à mi-chemin (donc après les 3 premiers niveaux), et l’autre à la fin, que Croc doit battre pour continuer son aventure. Bien entendu, il y a des ennemis dans tous les niveaux, les Dantinis. Certains te courent après, d’autres volent, nagent, d’autres sont capables de te lancer des boules de feu ou des boules de neige suivant le niveau. Il y a aussi d’autres ennemis, comme les vers géants par exemple. Bref, l’aventure de Croc ne sera pas de tout repos. Il en faudra des coups de queue pour venir à bout de tout ce petit monde ! Surtout que ces vilains repopent quelques instants après que Croc les ait mis au tapis…

Une fois que Croc a collecté tous les items du niveau, il peut taper sur le gong pour appeler l’oiseau Beany qui le transportera dans un autre niveau. Il y a deux gongs dans chaque niveau, ainsi, on est pas obligé de faire la dernière partie du niveau, surtout si on a oublié de ramasser l’un des 5 cristaux colorés pour passer la porte bonus.

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Une 5ème île (contenant 5 niveaux) est déblocable après la collecte des 8 pièces de puzzles, elles-mêmes récupérables dans les 8 niveaux secrets du jeu, accessibles après la récupération de tous les gobbos des niveaux d’un gardien (donc ça marche par 3 niveaux). Le dernier niveau de cette île secrète vous permettra de vous battre contre le fantôme du Baron Dante. Le vaincre signifie que vous avez terminé le jeu à 100%. Félicitation !

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on peut soit sauvegarder sa partie sur une carte mémoire, et ainsi garder toute sa progression, mais il y a également un système de mot de passe (sauf qu’il ne garde pas tout en mémoire).

Technique

Croc est un jeu en 3D très coloré, même dans les niveaux de l’île du château, plutôt sombres. Les personnages sont vraiment mignons, une vrai réussite ces Gobbos avec leurs yeux globuleux, si bien qu’on aimerait se fourrer la tête dans leurs poils. On sent que l’aspect général du jeu a été créé pour séduire les plus jeunes. C’est gentillet tout ça, mais ça manque tout de même de détails. On peut aussi signaler du clipping dans l’apparition des éléments du décor.

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Les musiques du jeu ont été composées par Justin Scharvona, chaque île a le thème principal qui est décliné en différentes versions pour varier un peu d’une zone à une autre. Les musiques sont plutôt entrainantes mais vite répétitives. Sur l’île de glace, le thème fait un peu penser à une musique de noël avec des carillons, sur l’île du désert, on aura une ambiance pulsée par les maracas par exemple.

Les personnages émettent des sons, Croc fait des Yazoo et autres, tandis que les Gobbos lâchent des Yippee lorsqu’ils sont délivrés. Ça égaye l’aventure.

Croc - Legend of the Gobbos3

Conclusion

Croc est un jeu de plateforme bien sympa. Son principal défaut est la gestion de la caméra, la bête noire des premiers jeux de plateforme en 3D. Le jeu n’est pas en soi difficile, mais certains niveaux demandent de l’exigence, de la dextérité et du calme pour parvenir au gong. En effet, Croc est vraiment un beau faire-valoir des plateformes, nombreuses à franchir, mais la difficulté réside en l’appréciation des distances, pas toujours très faciles à évaluer. De plus, la précision spatiale doit se coupler à un certain tempo dans les derniers niveaux, avec des plateformes présentant 2 faces, une normale (ou glissante) et une tranchante remplie de pics affûtés, qui régulièrement changent de face en même temps qu’elles se déplacent horizontalement puis verticalement. Un vrai ballet à mémoriser pour franchir ces zones sans chute !

La difficulté du jeu est progressive. Les plus jeunes pourront se contenter de terminer l’histoire, mais ça ne correspond qu’à environ 2/3 du jeu. Le principal défi des jeux de plateforme est d’arriver aux 100% ! Pas si facile que cela !

Consoles + 070 - Page 065 (novembre 1997)

71%
71%
 A croquer !

Un bon pt'it jeu de plateforme tout mignon mais exigeant !

  • Scénario/Ambiance
    6
  • Gameplay
    7
  • Graphismes
    7
  • Musiques / Sons
    8.5
  • Notes des internautes (0 Votes)
    0
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A propos du gangeekeur

Nana de 31 ans n'ayant plus quitté l'univers des jeux vidéo depuis son 7ème anniversaire, avec la réception d'un pack gameboy avec Tetris et Kirby ! Plutôt attirée par l'univers Nintendo au départ, par la suite a succombé aux charmes de la PS1 avec son lot de RPG. Genres de prédilection : la plateforme et les jeux de rythmes

Un commentaire

  1. Super article archi-complet qui éveille en moi bien des souvenirs ! Pour ma part c’est sur Gameboy que j’ai découvert Croc et tous mes copains étaient jaloux car, sans le savoir, je leur ai fait connaître un jeu dont ils ne soupçonnaient pas l’existence !

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